Les pires 20 minutes depuis notre départ… 71

Nous sommes le 4 septembre 2017, il est 9h31 le matin, nous sommes à Québec et nous quittons vers les Îles-de-la-Madeleine, un périple de 1000 km entre notre point de départ et l’embarquement pour le traversier.

J’étais vraiment très nerveuse et stressée de partir pendant deux jours en camping sauvage (dry camping ou boondocking) sans électricité ni eau courante avec, en prime, la crainte de remplir nos réservoirs d’eaux noires et grises trop rapidement. Vous pouvez bien rire de moi, mais c’était mes principales craintes.

Une autre de mes peurs était de devoir reculer notre équipement mais, quand on se compare on se console, et finalement je pense que nous nous débrouillons très bien. C’est du moins ce que j’ai constaté en « zieutant » les autres caravaniers reculer à notre dernier camping! 😉

La route ne m’inquiète pas vraiment. Zachary comprend que Pascal doit se concentrer donc il regarde dehors, s’émerveille souvent des paysages que nous voyons, regarde des films sur son iPad, fait des petites siestes et, la plupart du temps, il chante des chansons en regardant ses films.

Quand nous arrêtons dans les haltes routières, nous en profitons pour le laisser courir ou profiter des jeux mis à la disposition des enfants, ce qui lui permet de dépenser une bonne partie de son énergie. J‘ai bien hâte que Zach soit capable de lire pour qu’il puisse lire des livres pendant que nous roulons. Nous essayons aussi de jouer à des jeux comme trouver des objets, des couleurs de voiture et, depuis peu, les lettres que nous voyons lorsque nous faisons l’école à la maison.

Notre première règle en déplacement: nous ne roulons pas à plus que 100km/h. C’est plus économique sur le diesel et surtout c’est plus sécuritaire. Deux raisons largement suffisantes! Notre deuxième règle est de ne pas rouler quand il fait noir, encore là, par sécurité.

La route jusqu’à notre premier boondocking a très bien été. Nous avions choisi de faire le plus gros du trajet la première journée car, le lendemain, nous avions des emplettes à faire avant de nous rendre à notre second boondocking.

Nous sommes arrivés à notre premier arrêt vers 19h30 et Deb, la propriétaire, nous attendait devant sa maison pour nous indiquer où nous stationner. Nous étions sur un grand terrain gazonné avec vraiment beaucoup d’espace pour être à l’aise et pouvoir ouvrir nos extensions sans problèmes. Un peu plus tard dans la soirée, Deb est venue nous porter son code pour le WiFi ce qui a permis à Pascal de travailler un peu pendant la soirée. Personnellement, j’étais complètement épuisée et je me suis endormie vers 20h.

En passant, nous sommes membres de Boondockers Welcome, un site pour trouver des emplacements de boondocking gratuits chez des particuliers. C’est un site génial!

Après réflexion, je crois que le déplacement m’inquiète plus que je ne pense car selon Pascal, j’ai eu l’air bête une bonne partie de l’après-midi et, quand j’ai l’air bête, c’est souvent car je suis inquiète et c’est mon moyen d’être dans ma bulle et de ne pas me faire déranger. Je dois essayer de changer cela et de ne pas m’en faire pour des choses qui ne sont pas vraiment graves.

Autre règle dans notre aventure: communiquer! Nous nous le disons quand nous n’aimons pas le comportement de l’autre et n’attendons pas des jours pour nous en faire part. Être 24 heures sur 24 ensemble dans un endroit exigu nous oblige à cela sinon ce serait vraiment invivable. Pascal m’a fait part de mon attitude et j’ai été capable de la corriger. Même chose pour Pascal alors qu’il commençait à être impatient pour rien avec Zachary. Je lui en ai fait part et il est allé s’excuser à notre petit homme, à pris un 15 minutes seul dans sa bulle et ensuite tout allait bien.

Après une bonne nuit de sommeil, nous avons repris la route vers 9h le matin pour nous rendre à Moncton au Costco qui lui ouvrait à 10h. Quand nous sommes arrivés, le stationnement était vide et nous nous sommes stationné complètement dans le fond. N’empêche que nous prenions quand même 6 places de stationnement et, quand nous sommes sortis du Costco avec notre panier bien rempli, mon stress est ressorti de nouveau car le stationnement était maintenant plein et qu’il y avait même des voitures stationnées trop proche de notre VR ce qui, d’après moi, allait nous empêcher de sortir de là.

Pascal n’était pas du tout embêté et je pense que juste ça, ça me stressait encore plus. Son calme dans ce genre de situation me stress! lolllllll Et, quand je suis stressée, vous le savez, je deviens bête. Pascal a essayé de me faire comprendre que le pire que nous allions devoir faire c’est d’attendre qu’une des deux voitures quitte. Bref, nous avons pris le temps d’aller faire le plein de propane, de ranger nos choses dans les frigos et de faire un tour à l’épicerie juste à côté et, par miracle à notre retour, les places s’étaient libérées et nous avons pris la route vers notre deuxième boondocking.

C’est incroyable comment le stress est parti aussi vite qu’il est arrivé. Nous avons roulé environ 1h pour nous rendre au pont de la Confédération et je crois que j’ai pleuré pendant l’heure au complet. Pourquoi? Je ne saurais le dire. Le pire c’est qu’une fois arrivée au pont, j’ai recommencé à pleurer car c’était magnifique. Je dois vraiment apprendre à mieux contrôler mon stress.

Notre deuxième boondocking était situé tout près d’East Point à l’Île-du-Prince-Edouard. Un endroit magnifique avec des 2 hôtes extraordinaires et très gentils. Leur mot d’ordre était de faire comme chez nous et nous nous sentions vraiment comme chez nous.

Nous nous sommes stationnés à l’emplacement réservé habituellement pour leur fille. Nous avions les égouts, l’eau et l’électricité 30 ampères. Nous étions à 2 minutes de la mer et pour nous y rendre nous devions marcher dans un petit sentier entouré de fleurs sauvages, de plants de bleuets et d’herbes hautes. Avec le vent de la mer et le son des vagues, je me croyais dans un film d’amour de Nicholas Sparks. Le paradis!

Le lendemain matin, nous nous sommes fait réveiller par un message texte qui nous avisait que le traversier était retardé pour cause de mauvais temps. Nous étions un peu contrariés mais nous n’avons aucun pouvoir sur la météo. Nous sommes allés voir Susan et Gerard et avons convenu avec eux que nous quitterions plus tard que prévu. Pascal en a profité pour travailler, Zach est allé jouer dans le trampoline avec les petits enfants du couple qui étaient de passage cette journée-là.

Finalement, nous avons quitté nos hôtes vers 14h30. Nous étions à 20 minutes du port et nous voulions arriver suffisamment d’avance pour faire le plein d’essence et pour ne pas être brusqués dans notre procédure d’embarquement sur le traversier.

Une fois au quai d’embarquement, nous avons fait mesurer notre équipement et avons suivi les directives des gens sur places. C’était vraiment excitant, j’avais des papillons dans l’estomac et je me sentais comme avant de partir en vacances. Le bateau est arrivé vers 17h et nous sommes allés au bord de l’eau pour le voir arriver.

C’est à ce moment que Pascal a commencé à paniquer. Il panique de l’intérieur alors ça ne paraît pas toujours mais je ressentais que ça n’allait pas. Pourquoi? Le bateau était en train de faire un tour sur lui-même pour accoster au quai et sa logique voulait qu’en raison de cela, nous devions reculer notre équipement dans le bateau et il se demandait vraiment comment il allait faire ça.

Bref, pour calmer ses nerfs et se préparer mentalement à toute éventualité, il a demandé à un employé si nous devions réellement reculer. L’employé nous a bien entendu dit que non et qu’il y avait aussi une porte à l’avant du navire. Après coup c’est stupide mais quand on ne connait pas ça, on ne connait pas ça. Nous ne savions pas qu’il y avait des portes en avant et en arrière du navire. Vous auriez dû voir le soulagement dans le visage de Pascal. Je crois que si nous avions été seuls, il se serait mis à pleurer en petite boule dans un coin. Son pire 20 minutes depuis le début de l’aventure!

Une fois sur le traversier, en route vers les iles, je pensais qu’avec mes multiples croisières derrière la cravate, j’aurais le pied marin. Grosse erreur! J’ai eu le coeur sur le bord de la bouche pour les 5 heures de la traversée. Même Pascal « feelait » moyen. Zach est le seul pour qui tout a bien été. Il s’est amusé comme jamais dans la salle des enfants.

Il est maintenant 23h30. On arrive aux Îles, il fait noir mais ça, c’est une autre histoire… 😉

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