Mes premières expériences de camping 74

Nous avons fait notre première expérience de camping en 2005 lors d’un super week-end de juin. Nous avons quitté pour le parc National d’Oka dans le gros trafic du vendredi.

Pascal est venu me chercher à mon travail vers 17h30 et nous devions ensuite nous rendre dans une épicerie pour acheter ce dont nous avions besoin pour nos 2 jours de camping. À cette époque nous habitions à Montréal-Nord, et Oka était vraiment l’endroit le plus exotique et éloigné de la ville que nous pouvions imaginer. Même qu’en chemin nous nous sommes dit que jamais ne nous viendrions habiter dans ce coin, que c’était bien trop loin de la ville. Il faut croire que nous changeons en vieillissant puisque nous habitons maintenant à St-Joseph-du-Lac, à 10 minutes d’Oka, et nous trouvons que nous ne sommes pas encore assez loin de la ville.

premiercamping_03Après avoir passé 2 heures dans le trafic, nous sommes finalement arrivés à notre terrain de camping. Il devait bien être 19h30 et nous devions assembler notre tente pour la deuxième fois de notre vie. La première fois que nous l’avons fait, c’était dans le salon de notre appartement de Montréal-Nord. Imaginez la scène ! Une tente pour 12 personnes dans un petit appartement…Elle touchait au plafond et aux murs. Ce ne fut pas une de nos meilleures idées !

Pour être totalement honnête avec vous, Pascal et moi travaillons extrêmement mal ensemble. Nous nous sommes améliorés avec le temps, mais il y a 13 ans c’était vraiment l’enfer ! Il s’énervait, perdait patience et criait, et moi, je pleurais. Bref, une belle dynamique de couple. Donc, à 19h30, avec les maringouins, fatigués et affamés, nous avons mis un bon 45 minutes à assembler notre tente et réussi à planter les piquets dans le sol… sans marteau! Nous étions super bien équipés (matelas queen, draps, sac de couchage, oreillers, lampe au propane, cloche à ours, poêle au gaz, et même une bassine et du savon à vaisselle), mais pas de marteau pour planter les piquets dans le sol. La semaine suivante, nous étions propriétaires d’un marteau en caoutchouc et de nouveaux piquets en plastique fluorescent car nous avions brisé la moitié de ceux qui venaient avec la tente.

Par la suite, nous avons essayé d’allumer un feu pour faire cuire nos boulettes. Il devait bien être environ 21h. Une autre erreur de débutant : nous avions des allumettes hydrofuges, celles qui devraient s’allumer même si elles prennent l’eau. Petit conseil : Apportez un briquet au gaz car ces allumettes sont presque impossibles à allumer.

Je me souviens qu’à peine arrivé à la guérite pour payer et avoir notre numéro de terrain, Pascal m’avait dit : « Que je ne t’entende pas chialer une fois à propos des maringouins ! » Nous étions dans la voiture, les fenêtres ouvertes, et il devait y en avoir 50 qui nous tenaient compagnie. Imaginez la quantité qu’il y en avait dans les bois. C’était tellement désagréable ! La seule place où nous avons eu un peu de plaisir, c’était sur le bord de l’eau où il y en avait beaucoup moins. La plage d’Oka (à mon goût personnel) n’est pas géniale pour la baignade. On peut marcher des mètres et des mètres sans avoir de l’eau plus haut que les genoux. Nous n’étions peut-être pas au bon endroit du lac, mais où nous étions, il devait y avoir un maximum de 2 pieds d’eau et des centaines de coquilles de moules. Je me suis d’ailleurs entaillé le genou.

premiercamping_02Nous avons fait une promenade sur un sentier qui nous menait jusqu’à une passerelle sur l’eau. L’air était frais et au bout de cette passerelle, la vue était magnifique. Nous avons croisé plusieurs espèces d’oiseaux dont je ne connais même pas les noms. Ce soir-là, nous avons soupé avec un supplément de protéines. Nous avons un peu, je dis bien un peu, profité d’un feu car encore là, nous n’étions pas seuls dans la forêt. Les maringouins se faisaient un festin de nous. Nous sommes donc allés nous enfermer dans notre tente pour dormir. Mais ces fichus moustiques étaient tellement gros et affamés qu’ils piquaient au travers de la toile pour pouvoir nous atteindre et nous piquer. Après cette affreuse nuit, le lendemain matin, sans douche ni déjeuner, nous avons tout remballé et sommes partis au plus vite. Au final, je crois que Pascal a plus chialé après les moustiques que moi !

Nous avons fait ce petit week-end de camping en juin pour nous préparer, car en juillet, pendant nos vacances, nous allions aux États-Unis pour 10 jours de camping dans les Adirondacks. Pascal voulait savoir si j’allais aimer le camping. Je n’avais pas vraiment le choix d’aimer ça avec tout l’équipement que nous avions acheté ! Ce fut un voyage vraiment extraordinaire ! Nous étions réglés au quart de tour. Nous avions un cartable avec les cartes routières pour se rendre d’un endroit à l’autre. Les GPS « grand public » sortaient à peine. Nous avons eu bien du plaisir à nous orienter avec toutes ces cartes et nous nous sommes égaré qu’une seule fois en 10 jours. Dans notre cartable de voyage, il y avait aussi les heures de départ et d’arrivée que nous nous étions fixées pour arriver dans les campings, ainsi que les heures d’ouverture des attractions que nous voulions visiter. Nous avions aussi noté toutes les adresses des épiceries et nous y avons inscrit nos dépenses car notre budget était très serré. Tout était vraiment très bien planifié et nous avons même rallongé notre séjour d’une nuit à Plattsburgh où nous avons dormi dans la suite d’un motel, équipé d’un charmant bain-tourbillon vert forêt en forme de cœur dans le coin de la chambre, et le tout, entouré de miroirs. C’était de toute beauté.

premiercamping_01Nous avions tout notre équipement dans ma Volks Golf 1992, manuelle, 2 portes. Elle était tellement surchargée que nous n’avions même pas assez d’espace pour y entrer une feuille de papier ! C’est à peine si nous n’avions pas un plan pour rentrer les choses dans la valise et sur la banquette arrière. Pascal n’est pas le champion de la famille au Tetris par hasard ! Nous étions sur une route pour nous rendre, si je me souviens bien, dans un musée près du Blue Mountain Lake. En voulant gravir une bonne côte, Pascal à été généreux avec l’accélérateur et, par malheur, il y avait un charmant policier américain (avec les lunettes d’aviateur et le chapeau de nounours. Un vrai policier américain !) qui nous a vu. Il a fait un virage de 180 degrés sur l’autoroute et il est venu nous intercepter.

Quand Pascal a vu ça, il m’a dit : « Laisse-moi faire, je m’en occupe. » Le policier arrive à côté de la voiture et demande à Pascal de lui fournir ses papiers d’identification. Mon mari, avec son anglais cassé, lui demande pourquoi il nous a intercepté. Le policier lui répond : « Your speed sir ! » . Pascal lui dit alors « You know it’s a little car, and we have a lot of stock and we are overweight and I take an « élan » because i want to go to the top of the « côte ». And you know it’s a Volkswagen, and the speed is only in kilometer. » (aux États-Unis, les limites de vitesse sont indiquées en miles) Et là le policier, avec son air le plus bête, répond : « Are you telling me I don’t know how a Volkswagen is made, sir !?! ». Je crois que pour une fois, Pascal n’a pas su quoi répondre ! Le policier est reparti dans sa voiture et est revenu 10 minutes plus tard en nous disant de rouler entre 80-90 km/h, que nous n’aurions pas de problèmes avec cette vitesse. Il nous a également indiqué le chemin pour nous rendre à notre prochaine destination en nous souhaitant de belles vacances, et ce, sans nous donner de contravention. On remercie l’anglais de Pascal qui nous a surement sauvé de cette contravention !

Notre dernier terrain de camping était le moins « sauvage » et le plus achalandé dans lequel nous avons campé, et par chance, nous n’y restions que 2 nuits. En face de notre emplacement, nous avions la famille typiquement américaine. Ils devaient être une quinzaine : Papa, maman, les enfants, les oncles et les tantes sans oublier les cousins et les cousines. Ils avaient leur drapeau américain bien dressé devant leur campement. Leurs chaises faisaient face à notre terrain de camping. Ils ont passé les deux jours entiers à nous observer, comme si nous étions des spécimens de foire.

premiercamping_05En arrivant au camping, l’employé nous a remis un dépliant qui mentionnait que dû à la chaleur et au manque d’eau, les ours étaient moins craintifs et pouvaient venir nous rendre visite si nous ne disposions pas de nos déchets adéquatement ou si nous laissions trainer de la nourriture. Ce soir-là, nous avions mangé de la grande gastronomie, du divin Kraft Dinner ! Nous avons jeté l’eau des pâtes près d’un arbre en nous disant que ce n’était pas grave. Au milieu de la nuit, j’ai cru entendre un grognement. J’ai tout de suite réveillé Pascal, en panique, en lui disant que nous allions probablement nous faire attaquer par un ours par sa faute car il avait jeté l’eau des pâtes trop près de la tente. J’ai voulu aller fermer les toiles des moustiquaires de notre tente, mais Pascal m’a dit que ce n’est pas un tissu qui nous sauverait des griffes de cet animal. C’est à ce moment-là, après 3 minutes d’angoisse intense, que nous avons entendu un genre d’étouffement. Ce n’était pas un ours, mais notre voisin qui ronflait vraiment fort.

À notre départ, après deux jours à se faire observer par la famille américaine en face de notre campement, le chef de cette famille est venu nous voir et nous a dit avec un grand sourire : « It’s enough ? » Nous n’avons pas répondu et nous avons simplement quitté le camping. Ce fut vraiment notre expérience la plus étrange à ce jour. Et vous, que vous est-il déjà arrivé d’étrange, de spécial ou de rigolo en camping ?

J’aimerais retrouver notre fameux cartable de voyage et, dans une prochaine chronique, vous raconter en détail nos 10 jours dans les Adirondack. Ça vous donnera peut-être l’envie d’y aller pour un week-end car tous les endroits de ce périple sont assez près pour partir du vendredi au dimanche. Nous y sommes d’ailleurs retournés à quelques reprises pour des week-ends en amoureux ou en famille.

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